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Samedi 19 avril 2008

Le rapport électoral entre les classes populaires et le PS est mouvementé depuis la naissance du mouvement socialiste. Une adéquation à résoudre entre la perspective de rejoindre des gouvernements dits bourgeois et les nécessaires soutiens aux luttes sociales auprès des ouvriers pour exiger des conquêtes sociales. En 1936, Léon Blum accède alors au pouvoir à la faveur de grandes grèves, des accords sur les salaires sont signés et les congés payés sont crées. Si des socialistes participent au pouvoir pendant les trente glorieuses, il faudra attendre 1981, pour que s’ouvre une nouvelle prise du pouvoir pour la gauche en France au XXème siècle.

La force tranquille du socialisme mitterrandien.

La victoire de 1977 aux municipales puis l’accession à l’Elysée en 1981 marqueront les étapes d’une conquête non seulement de la progression du pouvoir politique de la Gauche mais aussi l’aboutissement de la bataille idéologique menée sans relâche sous le leadership de F. Mitterrand, des communistes et de la gauche dans son ensemble. Seulement, 2 ans plus tard c’est le tournant de la rigueur. S’ensuit l’apparition d’une société en crise : racisme, argent-roi et libéralisme économique avec la figure de l’entrepreneur capitaliste comme nouveau héros. La cohabitation avec la droite entraînera des vagues de privatisations, la remise en cause de l’impôt sur la fortune et la montée de la flexibilité du travail. En 1995, le Gouvernement Juppé adopte une politique contraire aux promesses du candidat Chirac sur la "fracture sociale" : remise en cause de la sécurité sociale, attaque des retraites, austérité budgétaire e t  aucun encouragement sur les salaires.

Les erreurs du Gouvernement Jospin.

En 2002 Le Pen est au second tour des présidentielle. Les classes populaires rejettent assez massivement Jospin et Chirac préférant les partis extrémistes comme le FN ou les formations satellites des deux grands partis. "Mon projet n’est pas socialiste" dira le Premier Ministre de la gauche plurielle, celle qui a fait la CMU, les 35 heures, le PACS, la progression du SMIC, des comptes sociaux de nouveau à l’équilibre, … Mais les grèves de Vilvoorde de Renault en 1997, auxquelles les socialistes apportaient leur soutien dans l’opposition, ont contribué au désenchantement vis-à-vis de la Gauche. Aussi, les privatisations suivies d’un discours libéral proche de la droite ont contribué à brouiller le clivage gauche droite. "L’Etat ne peut pas tout" alors que les vagues de délocalisation se font ressentir de plus en plus douloureusement.

L’erreur est aussi venue d’un manque de volontarisme face à la sphère financière pour imposer de véritables politiques sociales à la hauteur des besoins. La rémunération du travail n’a pas vraiment progressé. Les politiques de la ville n’ont globalement pas répondues aux besoins face aux manques de logement ou au cadre de vie dégradé avec des services publics en recul. La montée de la précarité et l’individualisation des postes de travail ont frappé de plein fouet les employés et plus surtout les moins qualifiés.

Quelles sont donc aujourd’hui leurs principales préoccupations ?

Le pouvoir d’achat, le travail, le chômage, le logement, la retraite la famille et la sécurité civile. Et pour beaucoup la solidarité qui relie tous ces thèmes. Il y a aussi le déclassement généralisé et la crainte justifiée de la mondialisation financière qui ne fait que créer des îlots de prospérité à l’échelle de la planète tout en délaissant une majorité et en enfonçant les sociétés vers le fossé inégalitaire. Une mondialisation qui casse aussi les repères culturels et sociétaux sans proposer autre chose que des replis identitaires et communautaristes pour la régulation de la société. Le descenseur social c’est aussi le déclin de l’Etat social par la remise en cause des politiques de redistribution des revenus et donc de la fiscalité. La fin des solidarités. A travers ces différentes régressions, les socialistes et la gauche ont le devoir de se montrer de nouveau à la hauteur en proposant de nouvelles politiques de progrès pour les classes populaires. Il est donc nécessaire et même urgent de les formuler de façon claire pour regagner la confiance.

Sébastien Lombard

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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