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Numéro 2 - Mars avril 2008

Numéro 1 - Janvier Février 2008




















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Lundi 16 février 2009
Il y a eu dans l’histoire de l’humanité beaucoup d’horreurs et de massacres. Bien des hommes ont exploité d’autres hommes, les violentant, les tuant, s’en servant pour s’enrichir ou pour renforcer leur pouvoir. Bien des dictatures, des systèmes féodaux et même des démocraties ont mené à des injustices sociales et économiques insupportables. Bien des libertés ont été bafouées, des combattants pour la justice sont morts. Mais rarement les victimes des excès d’une minorité d’hommes en sont venues à sauver leurs meurtriers. Aujourd’hui, c’est pourtant ce qui se passe. La crise financière nous donne comme spectacle le pire des paradoxes.

Certes, on ne peut pas comparer un banquier d'affaire à un meurtrier. Cela n'aurait aucun sens. C'est beaucoup plus complexe que ça, et la faute revient surtout à la dégénérescence de notre modèle de société. Les traders ne sont que des jeunes gens qui sacrifient leur vie afin de s'enrichir très vite. Ont-ils une seconde pris le temps de réfléchir aux conséquences désastreuses de leurs actes, de la famine et la pauvreté qu'ils allaient propager ? Pris dans leur propre jeu, drogués, sortis de toute réalité, pouvons-nous leur en vouloir ? Comment expliquer déjà qu'ils aient eu la liberté de le faire ? Ainsi les dirigeants des banques, les politiques sont bien pires responsables. S'il n'y a pas de loi contre le meurtre, que ce n'est pas interdit, il n'y a plus que l'éthique qui permet d'éviter le crime. Hors on sait que l'homme est prompt à agir sans éthique. Le but de cet article n'est de toute façon pas de trouver un coupable, mais d'expliquer comment on a pu arriver à un tel paradoxe.

Depuis maintenant une vingtaine d’année, un capitalisme d’un genre nouveau a émergé : le capitalisme financier. Il a remplacé petit-à-petit le consensus d’après-guerre qui voyait un pouvoir partagé entre le monde économique, le monde politique et le monde social. L’Etat-Providence et les partenaires sociaux assuraient un progrès constant à la société entière même s’il existait encore des injustices flagrantes. Du moins, le capital travail était récompensé par des hausses constantes de salaire et du pouvoir d’achat. Le capital financier avait des rendements déjà très honnêtes, mais était empêché d’abus majeur, surtout grâce aux lois et édifices mis en place après la Grande Dépression de 1929 aux Etats-Unis, déjà causée par un excès financier, puis après la Seconde Guerre Mondiale en Europe Occidentale, dont une des causes fut cette crise terrible.
Mais après la fin des Trente Glorieuses, a émergé l’idée que les pouvoirs publics étaient trop présents dans les affaires économiques. Ils ralentissaient le progrès et l’enrichissement, et étaient la cause du ralentissement économique depuis 1973. Il fallait dérégulariser, laissé respirer l’économie, faire baisser l’influence du politique, donner plus de liberté et de marge de manœuvre aux dirigeants de l’économie privé, rendre le capital travail plus flexible. Aux Etats-Unis, sous Reagan, en Europe, sous Thatcher, les dérégulations et privatisations successives ont alors permis la naissance du capitalisme financier. La finance a pris une importance de plus en plus grande dans le monde économique, profitant de l’espace laissé par les pouvoirs publics. Il fallait rentabiliser au maximum le capital financier. Les investisseurs, devenus libres d’investir partout sur la planète grâce à la mondialisation, exigeaient des rendements de plus en plus élevés, qu’il en coûte à long terme à la survie des entreprises et de l’économie. L’omniprésence financière transformait l’économie, multipliant les risques de crise économique et dégradant le consensus social d’après-guerre. Il fallait toujours gagner plus, et donc toujours prendre plus de risque, investir sans raison dans des projets peu viables, dangereux socialement, écologiquement mais aussi économiquement mais très rentables à très court terme, comblant ainsi la cupidité des investisseurs du moment, exigeant des rentabilités de l’ordre de 20%. Il y eut pourtant des signaux d’alertes. La crise asiatique en 1997, l’explosion de la bulle Internet en 2001. Et pourtant, entre 2002 et 2007, jamais les banques d’affaire n’ont eu autant de pouvoir. Alors qu’en 1960, les profits du secteur financier représentaient 14% des profits des entreprises américaines, ils en représentent aujourd’hui 39%. Jamais dans l’histoire de l’humanité une poignée d’hommes, sans représentativité aucune, n’ont autant dirigé le destin du monde entier, de plus en s’enrichissant d’une manière indécente. En France, le pouvoir d’achat de l’indice boursier a progressé de 120% en vingt ans tandis que celui des salaires n’augmentaient que de 15%. Les bonus versés aux banquiers d’affaires, parfois très jeunes, les fameux traders, dépassaient alors largement les salaires des meilleurs PDG des plus grandes entreprises, pourtant sensés être bien plus responsables et acteurs de l’avenir de l’économie que des banquiers jouant avec des produits financiers fictifs, déconnectés de toute réalité économique. Manipulant inconsciemment toute l’économie mondiale, ils ont joués comme à la roulette, doublant à chaque fois leur gain. Mais un jour, à l’exemple de Kiervel - qui avait réussi à positionner en bourse un capital plusieurs fois supérieurs à celui de sa société, faisant perdre à lui tout seul, sur une seule opération, plusieurs milliards d’Euros à une des plus grandes banques du monde - ils ont perdus. Dans leur euphorie de gagner toujours plus, avec des bonus indexés au profit et non à la perte, un jour, comme en 1929, tout le monde s’est rendu compte qu’un monde parallèle et virtuel s’était emparé du pouvoir économique du monde entier et qu’il allait s’effondrer comme un vulgaire château de carte au moindre coup de vent.

Ce capitalisme financier a été inspiré, mené, dominé donc, par une poignée d’hommes – très influents dans les cercles de pouvoir du monde, économique bien sûr, mais aussi politique, à commencer par l’administration Bush (Paulson, son ministre des Finances, n’étant autre que l’ancien PDG de Goldman Sachs, la banque d’affaire la plus puissante du monde). Ce capitalisme là était devenu excessif, distribuant la richesse avec une inégalité incomparable dans l’histoire du monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale : les salaires réels baissant depuis dix ans et les profits financiers a contrario explosant littéralement. Ce capitalisme là avait des règles du jeu bien précises : le minimum d’intervention de l’Etat, le minimum de régulation pour un maximum de risque pris sur l’épargne des citoyens du monde entier et sur les capitaux des entreprises qui fournissent la majeure partie des emplois et produits.
Ce capitalisme là a fait des victimes : pendant qu’une infime minorité s’enrichissait comme jamais, l’écrasante majorité voyait leur pouvoir d’achat s’éroder. Comble du paradoxe, ces centaines de millions de personne se sont vues expliquer qu’il fallait baisser le déficit public et donc couper les budgets de l’éducation, de la santé, des infrastructures. On leur a expliqué que le déficit public venait des allocations chômages, voire même du nombre trop élevé de retraités, de grévistes, de syndicalistes, de fonctionnaires, qui paralysaient le système et la croissance. Ces centaines de millions de personne, sans le savoir, par leur épargne et leur travail, enrichissaient sans commune mesure une poignée de banquiers d’affaire à Wall Street et à la City, mais ce n'était pas assez. Près à toujours plus d’argent, ils ont exigés toujours plus de rentabilité. Il y a alors eu les délocalisations des usines dans des endroits où des systèmes politiques autoritaires imposent un dumping social élevé, des coupes dans les budgets publics. Il fallait réduire tous les coûts, rentabiliser, toujours et encore, pour garder les investisseurs. Et on leur expliquait par contre qu’il fallait continuer à consommer, que c’était le secret de la croissance économique. Comme les salaires baissaient, il fallait donc s’endetter, même quand on ne pouvait pas rembourser, en spéculant sur les valeurs immobilières de leur propre logement par exemple, expliquant alors la crise des subprimes. Mais cette crise-là fut seulement déclencheuse car la cause est bien plus profonde. Elle vient de tous les excès du capitalisme financier qui a monté un château de carte très rentable à court terme, catastrophiquement fragile à la moindre secousse.

Alors qu’il fallait réduire le déficit public au prix d’un service public dégradé pour les citoyens, le jour où il a fallut remonter les banques qui s’étaient elle-même mises dans une impasse, mais influentes dans toutes les sphères politiques du monde, le peuple a payé. Le contribuable a payé. Des sommes astronomiques, sans commune mesure. Avalées par les banques. Paulson, Sarkozy, tous ont mis de l’argent appartenant aux Nations dans ces banques afin de racheter les produits financiers toxiques et non-rentables qu’elles avaient pourtant enfantés. Alors que Sarkozy tiquait pour investir 5 milliards d'Euros dans le Revenu Minimum d'Activité, il mettait à disposition 350 milliards d'Euros aux banques du jour au lendemain (heureusement, "seulement" 16,5 milliards ont été utilisés). C’était pour éviter que la crise s’empire, se propage. Paulson, Sarkozy avaient certainement raison. Mais ils ont eu tort de ne pas avoir exigé des restructurations, de ne pas avoir pris le pouvoir qui leur revenait de droit en investissant massivement dans les banques, d’avoir continué à jouer selon les règles des banques, c’est-à-dire pas d’intrusion publique dans leur fonctionnement.

Le vol est ainsi double : cet argent qui aurait pu, qui aurait du servir à construire des hôpitaux, des routes, des écoles, des services publics, destinés à tous, a été donné aux banques, sans condition. Les banquiers ne se sont pas gênés pour se servir dedans personnellement afin de se verser ces fameux bonus de fin d’année. La remontrance d’Obama arrive bien tard et est surtout inefficace. Mais ce n’est pas le pire. Il y a encore bien plus cher à payer pour nous maintenant. Aujourd’hui, c’est la plus grave crise économique depuis 1929. Cette crise va bien évidement d’abord toucher les plus pauvres, mais aussi les classes moyennes. Dans la vie de tous les jours, ceux qui comptaient déjà leur argent pour payer loyers, charges, nourritures, vêtements vont être les premiers touchés et vont voir leur niveau de vie s’affaisser. Les banquiers se sont versés assez de bonus pour vivre dans des palaces jusqu’à la fin de leur vie. Ils ont peut-être beaucoup perdu, et encore, mais on ne va pas les plaindre, ils gagnaient parfois en trois mois ce que gagnait un ouvrier en une vie en France.

Voilà où nous en sommes. Le monde sombre dans une crise causée par une poignée d’avides inconscients qui ont martyrisé économiquement les hommes depuis vingt ans. Ces hommes appauvris les ont rendus immensément riches, les ont sauvés, leur ont versés leurs bonus de fin d’année en 2008. Ces hommes, premiers véritablement touchés par la crise, vont aujourd’hui payer pour eux la note salée de leurs excès. Ces hommes sont les victimes modernes d’une habile manipulation économique et financière. Et ils ont sauvés ceux qui les ont volés, et qui continuent à courir, impunis ou si peu, et à jouer avec l’économie du monde.

Justice doit être rendue. Il ne s’agit pas de mettre en prison ou je ne sais quoi. Il s’agit d’argent, de justice, de répartition des richesses. Il est insupportable de voir les banquiers se donner des bonus dépassant en un an le salaire moyen d’un Français dans une vie. Puis le plus important surtout, serait de changer les règles du jeu. Il faut réinventer un système économique plus juste, depuis le temps qu'on le dit, faisons-le. Il faut certes laisser la liberté d’entreprendre et de posséder, mais empêcher celle d’exploiter. Il faut un système mondial, limitant le dumping social de certaines zones économiques. Il faut un système durable, fondé sur une croissance patiente, faible mais durable, sans à coup, sans excès. Un système fondé sur trois piliers de même importance : l’écologie, le social et l’économie, chacun au service des deux autres. Il faut un retour des pouvoirs publics et de la société civile dans le grand jeu du monde, poussant à l’innovation, à l’éducation, à la santé, aux infrastructures, et ceci de manière durable. Il faut retrouver un monde solidaire, intelligent, moins matérialiste, se contentant des richesses de la nature et des cultures. Il faut enfin trouver cet équilibre qui permettra au monde d’avancer de manière cohérente avec son environnement, ses peuples, ses cultures. Il faut pour cela une volonté politique forte, un mouvement mondial et coordonné. Cela suffit de payer pour les autres.
Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Jeudi 1 mai 2008

A l’initiative de Jeudi Noir et des organisations associées dont nous faisons partie, ce premier mai ne s’est pas fait sans les mal-logés... Le Mouvement des Jeunes Socialistes participait aujourd’hui sous leur coordination à l’action de réquisition festive d’un immeuble vide au 16 bd Montmartre, dans le 9eme arrondissement de Paris. Au cotés de ceux des autres organisations de jeunesses signataires de leur plateforme de propositions, les militants du Mouvement des Jeunes Socialistes ont pénétré et se sont installés dans l’immeuble.

Cette action tend à rappeler qu’alors qu’un pauvre sur deux a moins de 29 ans, les jeunes sont les premières victimes de la crise du logement. Les montants des loyers qui presque doublés ces deux dernières années et les garanties exorbitantes exigées par les propriétaires font que lorsqu’on est jeune, se loger devient souvent mission impossible...

Face à ce phénomène, le MJS propose une loi fixant un montant maximum de loyer par type d’appartement et par zone géographique. Et parce que tout individu doit pouvoir disposer d’un logement décent, nous proposons la mise en place d’un plan massif de construction de logements publics afin de combler le manque de logements sur notre territoire. Nous souhaitons également l’application de la loi existante de réquisition des logements vides, et dans l’attente passons quand même à l’action !

Tandis que le gouvernement reste silencieux, nous entendons faire toujours plus de bruit, afin que les difficultés d’accès au logement rencontrées par 10 millions de Français trouvent un écho. La symbolique réquisition d’un nouvel immeuble aux cotés de Jeudi Noir à laquelle nous avons pris part se veut également un appel à l’opinion publique, et nous entendons poursuivre notre soutien aux galériens du logement !

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Samedi 19 avril 2008

Le rapport électoral entre les classes populaires et le PS est mouvementé depuis la naissance du mouvement socialiste. Une adéquation à résoudre entre la perspective de rejoindre des gouvernements dits bourgeois et les nécessaires soutiens aux luttes sociales auprès des ouvriers pour exiger des conquêtes sociales. En 1936, Léon Blum accède alors au pouvoir à la faveur de grandes grèves, des accords sur les salaires sont signés et les congés payés sont crées. Si des socialistes participent au pouvoir pendant les trente glorieuses, il faudra attendre 1981, pour que s’ouvre une nouvelle prise du pouvoir pour la gauche en France au XXème siècle.

La force tranquille du socialisme mitterrandien.

La victoire de 1977 aux municipales puis l’accession à l’Elysée en 1981 marqueront les étapes d’une conquête non seulement de la progression du pouvoir politique de la Gauche mais aussi l’aboutissement de la bataille idéologique menée sans relâche sous le leadership de F. Mitterrand, des communistes et de la gauche dans son ensemble. Seulement, 2 ans plus tard c’est le tournant de la rigueur. S’ensuit l’apparition d’une société en crise : racisme, argent-roi et libéralisme économique avec la figure de l’entrepreneur capitaliste comme nouveau héros. La cohabitation avec la droite entraînera des vagues de privatisations, la remise en cause de l’impôt sur la fortune et la montée de la flexibilité du travail. En 1995, le Gouvernement Juppé adopte une politique contraire aux promesses du candidat Chirac sur la "fracture sociale" : remise en cause de la sécurité sociale, attaque des retraites, austérité budgétaire e t  aucun encouragement sur les salaires.

Les erreurs du Gouvernement Jospin.

En 2002 Le Pen est au second tour des présidentielle. Les classes populaires rejettent assez massivement Jospin et Chirac préférant les partis extrémistes comme le FN ou les formations satellites des deux grands partis. "Mon projet n’est pas socialiste" dira le Premier Ministre de la gauche plurielle, celle qui a fait la CMU, les 35 heures, le PACS, la progression du SMIC, des comptes sociaux de nouveau à l’équilibre, … Mais les grèves de Vilvoorde de Renault en 1997, auxquelles les socialistes apportaient leur soutien dans l’opposition, ont contribué au désenchantement vis-à-vis de la Gauche. Aussi, les privatisations suivies d’un discours libéral proche de la droite ont contribué à brouiller le clivage gauche droite. "L’Etat ne peut pas tout" alors que les vagues de délocalisation se font ressentir de plus en plus douloureusement.

L’erreur est aussi venue d’un manque de volontarisme face à la sphère financière pour imposer de véritables politiques sociales à la hauteur des besoins. La rémunération du travail n’a pas vraiment progressé. Les politiques de la ville n’ont globalement pas répondues aux besoins face aux manques de logement ou au cadre de vie dégradé avec des services publics en recul. La montée de la précarité et l’individualisation des postes de travail ont frappé de plein fouet les employés et plus surtout les moins qualifiés.

Quelles sont donc aujourd’hui leurs principales préoccupations ?

Le pouvoir d’achat, le travail, le chômage, le logement, la retraite la famille et la sécurité civile. Et pour beaucoup la solidarité qui relie tous ces thèmes. Il y a aussi le déclassement généralisé et la crainte justifiée de la mondialisation financière qui ne fait que créer des îlots de prospérité à l’échelle de la planète tout en délaissant une majorité et en enfonçant les sociétés vers le fossé inégalitaire. Une mondialisation qui casse aussi les repères culturels et sociétaux sans proposer autre chose que des replis identitaires et communautaristes pour la régulation de la société. Le descenseur social c’est aussi le déclin de l’Etat social par la remise en cause des politiques de redistribution des revenus et donc de la fiscalité. La fin des solidarités. A travers ces différentes régressions, les socialistes et la gauche ont le devoir de se montrer de nouveau à la hauteur en proposant de nouvelles politiques de progrès pour les classes populaires. Il est donc nécessaire et même urgent de les formuler de façon claire pour regagner la confiance.

Sébastien Lombard

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Mardi 15 avril 2008

Tout le monde connait les événements de mai 68, la plus grande révolte sociale, française de la deuxième moitié du 20ème siècle. Si ce mouvement ne peut pas être réduit à un mouvement d’étudiants, il est néanmoins incontestable que ceux-ci en ont été les principaux artisans.

La révolte étudiante remonte à mai 67. Pour protester contre l'interdiction de l'accès des garçons à la résidence des filles, les étudiants de Nanterre décident d'occuper le bâtiment réservé aux filles dans la cité universitaire située sur le campus. Ils en seront délogés manu militari par les forces de l'ordre. Cette action aura d'autant plus d'écho que la police n'a jamais eu droit de citer sur un campus universitaire.

Commence alors une longue année de protestation à Nanterre. En effet, tout au long de l'année universitaire 1967-1968, les étudiants menés par diverses organisations d'extrême gauche vont s'organiser. L'apogée est atteinte le 21 mars 68 où l'occupation de la tour administrative de Nanterre est décidée par les étudiants. Ceux-ci protestent contre les arrestations opérées lors des manifestations contre la guerre du Vietnam. Une fois l'université de Nanterre fermée, ils sont amenés à transporter leur mouvement vers la Sorbonne le 3 mai. Dès ce moment tout s'enchaîne. Occupations, répression, manifestations. Le mécontentement naissant dans le milieu étudiant sera relayé par celui qui se profilait depuis plusieurs années dans le secteur ouvrier. Le 25 mai 1968 on compte presque 9 millions de grévistes en France, chiffre supérieur à celui des grèves de 1936! S'en suivent la dissolution de l'assemblée nationale et des avancées sociales importantes. Une question vient alors à l'esprit : que reste-t-il du "mouvement du 22 mars" ? Des archives, de vieilles photos... ou le modèle d'une mobilisation victorieuse pour les jeunes d'aujourd'hui ? On ne cesse d'entendre qu'en ce début de 21ème siècle les jeunes seraient devenus individualistes, qu'on assisterait à la naissance d'une génération désenchantée. Avec les luttes sociales de ces dernières années qui peut encore douter qu'il n'en est rien. La mobilisation contre le CPE, celle des lycéens contre la loi Fillon, ou encore plus récemment contre la LRU pour les étudiants et contre les suppressions de postes dans l'éducation nationale pour les lycéens, ces exemples sont le reflet de la volonté de résister toujours intact dans la jeunesse. Évidemment de Daniel Cohn-Bendit à Bruno Julliard il y a un fossé. Les conditions de vie des jeunes ont beaucoup évolué. Le chômage, la précarité grandissante sont autant de préoccupations apparues au fil des ans. Ainsi, si en 68 nos aînés se battaient pour refuser l'ordre établi, aujourd'hui on parle davantage d'autonomie de la jeunesse et de défense de nos acquis. Deux générations, deux combats. Seule reste entière la capacité d'indignation et de révolte.

Vanessa Favaro

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Samedi 5 avril 2008

Entre victoires et défaites quelques zooms dans le Val d’Oise

Argenteuil ...De retour à Gauche

C’est à l’issue d’une campagne militante sans précédent dans l’histoire d’Argenteuil, que la liste du rassemblement de la gauche (PS, PCF, LO, écologistes) conduite par le Conseiller général socialiste, Philippe Doucet, l’a emporté dans la première ville du Val d’Oise, battant ainsi le maire sortant UMP Georges Mothron avec 50,56% des voix. Avec une participation en hausse par rapport au 1er tour, les classes populaires et en particulier les jeunes, envoient un message fort à la droite parlementaire et à l’ancien ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, qui n’ont pas cessé ces dernières années, sur le plan national comme sur le plan local, de stigmatiser les jeunes des quartiers populaires. Cette victoire s’accompagne d’une double satisfaction puisque la victoire de la candidate communiste de l’union de la gauche (PCF-PS), Marie-José Cayzac, à l'élection cantonale sur le Canton Est d'Argenteuil, fait basculer à gauche le Conseil général du Val d'Oise, pour la première fois de son histoire.
Abdelkader Slifi

Ezanville ...Ville tranquille …De droite

Le 9 mars dernier Philippe Demaret candidat du rassemblement de la gauche à Ezanville voyait le maire sortant UMP Alain Bourgeois être réélu. Les deux listes en lice sont séparées de plus de 200 voix avec un total de 1850 voix pour le maire. La défaite est bien réelle. Néanmoins, le score est encourageant au regard des derniers scrutins de 2007. En effet, pour 46,41% aux municipales, les candidats de la gauche récoltaient 44,32% à la présidentielle et 45,02% aux législatives. La gauche s’est bien implantée à Ezanville, le travail commence maintenant. Cela se présente plutôt bien car le candidat tête de liste malheureux – Philippe Demaret - a été désigné il y a peu vice-président du Conseil général en charge des sports. L’opposition risque d’être tout sauf tranquille…
Sébastien Zriem

Eaubonne ...La confirmation

François Balageas et son équipe avaient demandé aux eaubonnaises et aux eaubonnais de confirmer le mouvement. C’est chose faite avec une nette victoire de 52,32 % sur Claude Baudin l’actuel député. Le travail entrepris depuis 7 ans a donc été légitimé là où soi disant la gauche ne devait être qu’une parenthèse. Pourtant même face à un seul candidat de droite la gauche l’emporte à Eaubonne. Preuve que l’on peut gagner les élections tout en menant une politique de solidarité et de mixité sociale. La réponse se trouve sans doute aussi par une bonne communication mais les projets de ces dernières années sont la preuve que faire vivre les gens ensemble n’est pas impossible. Sur cette lancée souhaitons autant d’efficacité et d’innovation à la gauche sur Montmorency.
Fanny Boyer

Cergy ...Une équipe rajeunie

La campagne a été un combat de tous les jours pour la gauche. Dominique Lefebvre conduisait la liste PCF-PS "Vivre Cergy". La liste affichait des candidats renouvelés à 75%, représentatifs de la jeunesse et de la diversité cergyssoises. Tractages, porte-à-porte, discussions… L e s socialistes et les jeunes socialistes ont mené un travail de conviction, au plus proche des habitants dans un contexte de vif débat sur le logement social, avec par exemple des mensonges sur la hauteur des futures constructions aux Hauts de Cergy de la part de l’UMP Thierry Sibieude. Concourraient également une liste Verts et une liste Modem aspirant chacune à se maintenir pour fusionner mutuellement au second tour, aux dépens de la liste de gauche. Au soir du 9 mars, la seule liste de droite à s’être maintenue a été celle de T. Sibieude (34.05%), alors que Dominique Lefebvre faisait 40,22%. Au second tour, la liste de gauche a recueilli 51,7% des suffrages.
Pour les cantonales, avec plus de 64,5% des voix, Dominique Gillot a brillamment défendu à gauche le canton de Cergy-Sud tandis qu’Agnès Rouchette a manqué de 111 voix pour faire tomber le conseiller général T. Sibieude sur le canton de Cergy-Nord bien qu’il s’agisse du meilleur score jamais atteint par la gauche (49,60%). Malgré cette déception les socialistes cergyssois ont trois raisons d’être heureux : une ville toujours à gauche, une agglomération cergypontaine encore plus à gauche et un Conseil général enfin à gauche!

Akli Le Coq

 

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Mardi 1 avril 2008

Le jeudi 20 mars 2008, le Conseil général du Val d’Oise à procéder à l’élection de Didier Arnal. Il s’agit là d’un évènement majeur de la politique locale car c’est la première fois que ce département est à gauche. Cette victoire est dû à la présence d’un conseil général de plus que le droite. En effet, le soir du 16 mars a vu l’élection de Anita Bernier sur le canton de Cormeilles, de Marie-José Cayzac sur Argenteuil-Est et de Luc Broussy sur le canton de Goussainville avec un total de 16 PS, 2 PCF et 2 DVG sur un total de 39 élus. Avec les priorités annoncées par le nouveau président en faveur de l’éducation et du développement durable, le MJS est heureux d’observer que les choix politiques veulent répondre aux enjeux de notre époque. Au-delà, Les jeunes socialistes seront exigeants et nous ne manquerons jamais de faire des propositions

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Dimanche 20 janvier 2008

Le 25 novembre dernier à Villiers le Bel, un véhicule de la police nationale heurtait la moto sur laquelle circulaient Lakamy et Mohsin, provoquant la mort tragique des adolescents. Au cours des nuits suivant le drame, des jeunes s’en prennent aux policiers, brûlant des voitures et tirant à balles réelles. Le commissaire de Sarcelles est attaqué et gravement blessé, Villiers-le-Bel est alors en feu. Mais quelques jours plus tard, le calme revient.

La banlieue constate avec soulagement que, contrairement aux émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005, celles de Villiers-le-Bel n’ont pas provoqué l’embrasement général. Le point commun entre la révolte de 2005 et celle de 2007 est qu’elles ont été déclenchées par une exacerbation des tensions entre certains jeunes des quartiers populaires et la police nationale.

La crise des banlieues est plus profonde que les événements violents par lesquels elle se révèle à nos yeux. Derrière les voitures brûlées et la confrontation avec les forces de l’ordre, qui incarnent l’autorité de l’État, il faut lire un délitement du contrat qui lie les jeunes citoyens à la République. La banalisation des discriminations, la culture du chiffre qui favorise les dérives et les bavures policières, les contrôles d’identité répétés, le discours dominant sur les banlieues, donnent à certains la fâcheuse impression d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Le traitement judiciaire des violences urbaines est significatif. Les comparutions immédiates sont des procès expéditifs dont le rythme et le déroulement rendent impossible le travail efficace des avocats et des juges. Souvent, les principaux éléments d’inculpation sont des témoignages de policiers rédigés de façon entendue et les sentences sont des peines de prison ferme standardisées.

Si des individus sont considérés, du point de vue des droits qui leurs sont accordés, comme des citoyens de seconde zone, l’issue fatale est qu’ils réagissent en s’affranchissant de leurs devoirs de citoyens. L’acteur à l’origine de la remise en cause du contrat social n’est pas forcément celui que l’on croit.

De ce point de vue, la «rupture» a bien eu lieu, mais elle a commencé bien avant son intronisation à l’Elysée, quand Sarkozy était Ministre de l’Intérieur. La suppression de la police de proximité, ses déclarations tonitruantes sur les cités, l’utilisation du terme de voyoucratie, témoignaient d’un changement de cap dans la façon dont la France d’en haut regardait la France d’en bas. Ce qu’on finira par appeler la crise des banlieues est la conséquence logique de cette rupture.

En principe, la République réunit des individus qu’elle regarde comme des personnes morales, sans distinction d’appartenance à certains groupes sociaux. Lorsque certains se sentent lésés, parce qu’ils ont le sentiment de ne pas être reconnus socialement à leur juste valeur ou parce qu’ils se sentent exclus du partage de la richesse, ils peuvent substituer de nouvelles normes mettant au second plan les normes dominantes pour constituer un groupe social distinct. Se développe alors une tension entre la société dans son ensemble et le groupe social constitué. Les violences urbaines se développent lorsque s’accroît l’écart entre les aspirations des individus et l’amélioration effective de leurs conditions de vie, notamment lorsque le consumérisme ne s’accompagne pas d’une augmentation du pouvoir d’achat.

Un état de crise est toujours une situation de rupture entre deux situations plus ou moins équilibrées. La question est de savoir vers quel nouvel équilibre la communauté souhaite se diriger : une organisation sociale basée sur le communautarisme, la répression et la loi du profit ou une société dans laquelle les intérêts des différents groupes sociaux sont pris en compte dans le cadre d’un juste compromis.

Mais avant de savoir comment répartir les droits et les richesses, une question préalable est de savoir quels critères vont définir les différents groupes. Durant l’après-guerre, le modèle fordiste reposait sur le clivage entre travailleurs et capitalistes.

Aujourd’hui, la société est atomisée par le marché, si bien que la définition des groupes sociaux tend à s’établir sur des bases générationnelles, ethniques, religieuses.

La tendance vers laquelle nous courons est une société fondée sur le communautarisme et régulée par une police anti-émeute militarisée. Cela constitue une régression par rapport à la précédente qui fondait les rapports sociaux sur le fonctionnement du mode de production de la richesse. Mais on peut modifier cette tendance.

Notre rôle, en tant que socialistes, est de proposer une politique alternative, fondée sur une analyse des situations économiques et sociales, qui ouvre l’espace public trop longtemps confisqué à cette génération oubliée et défende ses intérêts dans le cadre de la République. Il est aussi de construire un projet collectif qui transcende les intérêts spécifiques.

Abdelkader Slifi

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Mardi 8 janvier 2008
Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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Mercredi 19 décembre 2007

Appel à l’initiative du GENEPI, du SNEPAP-FSU et du Syndicat de la Magistrature :

Refusons l’instauration d’un enfermement sans fin sur une simple présomption de dangerosité !

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre ». Thomas Jefferson

Le Parlement s’apprête à examiner un projet de loi visant à instaurer une « rétention de sûreté » qui permettra, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée, sans peine et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une « particulière dangerosité ».

La mise en place d’un tel dispositif, préparé à la hâte à la suite de l’affaire Evrard, relève d’une philosophie de l’enfermement qui s’inscrit dans la culture du « risque zéro » qui, sous prétexte de lutter contre la récidive, impose, depuis plusieurs années, des législations de plus en plus répressives et attentatoires aux libertés publiques.

Il ne s’agit plus simplement de durcir les sanctions ou de renforcer les moyens de contrainte, mais de procéder à des enfermements préventifs, sur la base d’une présomption d’infraction future et dans une logique d’élimination qui s’apparente à une mort sociale.

Actuellement circonscrit aux infractions les plus graves commises sur les mineurs, ce texte, comme la plupart des dispositifs répressifs, est susceptible d’extensions au gré des faits divers du moment.

L’appréciation de la dangerosité n’est par ailleurs fondée sur aucune évaluation sérieuse mais sur une simple expertise psychiatrique, ce qui procède d’une grave confusion entre délinquance et maladie mentale. L’évaluation de la dangerosité ne relève donc pas du diagnostic mais du pronostic.

En refusant de porter les efforts humains et financiers sur le temps de la peine, ce texte fait le choix de ne pas améliorer la prise en charge durant l’incarcération.

Si ce texte est adopté, la France se dotera d’un dispositif sans équivalent dans les démocraties occidentales car, contrairement à ce que le gouvernement veut laisser croire, rien de comparable n’existe en Europe (aux Pays Bas et en Belgique, ce type d’enfermement n’intervient qu’en substitution à la peine).

Aujourd’hui, avec une mesure comparable et au prétexte d’une dangerosité sociale, la Russie enferme des journalistes dans des établissements psychiatriques.

Dans un rapport d’information sur les mesures de sûreté concernant les personnes dangereuses (2006), les sénateurs Philippe Goujon et Charles Gautier indiquaient que « s’il est indispensable de limiter le plus possible le risque de récidive, celui-ci ne peut être dans une société de droit, respectueuse des libertés individuelles, complètement éliminé. Le « risque zéro » n’existe pas. »

Nous ne pouvons accepter un modèle de société qui sacrifie nos libertés au profit d’un objectif illusoire de « risque zéro ».

Nous appelons les parlementaires à refuser de voter ce texte indigne.

Pour signer cet appel : envoyer un mail à contrelaretentiondesurete@genepi.fr

Par Mouvement des Jeunes socialistes du Val d'Oise
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